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Rapport: Seminaire de formation des journalistes francophones sur le partenariat Afrique-Chine, Octobre 2018 (REPORT: Francophone Africa & China Workshop)

(Please scroll down for an English version).

En octobre 2018, le projet de reportage Afrique-Chine a organisé un atelier de formation à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur les partenariats entre l’Afrique francophone et la Chine, afin de développer les compétences pratiques des journalistes de la région. Pour cet atelier, le projet a collaboré avec le Réseau béninois des journalistes et communicateurs spécialisés en éducation basé à Cotonou (RJCE-Bénin) et avec l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire). L’atelier a eu lieu à l’hôtel La Rose Blanche, à Abidjan Cocody, en Côte d’ivoire, et a été animé par:

  • Gérard Guedegbe, Président, RJCE-Bénin
  • Sylvain N’guessan, analyste politique (Côte d’Ivoire)
  • Dr Bob Wekesa, coordinateur du programme de spécialisation des étudiants en milieu de carrière, Wits Journalism; Conseiller du projet de reportage Afrique-Chine (Afrique du Sud), et
  • Dr Cobus Van Staden, chercheur principal: Chine-Afrique, Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA); Hôte: China in Africa Podcast (Afrique du Sud)

Le projet de reportage Afrique-Chine (le projet) vise depuis 2009 à améliorer la qualité des reportages des médias sur l’Afrique et la Chine en renforçant et en facilitant les capacités des journalistes au moyen de subventions de reportage, d’ateliers et d’autres opportunités. À partir de 2017, le projet a pris de l’ampleur avec des subventions spécifiques pour les reportages en français axés sur Francophone Africa et l’Atelier d’Abidjan a marqué un bond significatif concernant les activités du Projet en Afrique francophone.

L’atelier a formé les journalistes participants sur les sujets suivants:

  • Les faits sur la présence de la Chine en Afrique francophone
  • Enquêtes approfondies sur des thèmes liés à la Chine en Afrique francophone
  • Les méthodes à adopter pour réussir les enquêtes pertinentes, et
  • Les procédures et processus pour demander des subventions et autres opportunités avec le projet de reportage journalistique Afrique-Chine

13 journalistes provenant de cinq pays d’Afrique francophone que sont le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali et le Togo, ont participé à l’atelier:

Nom & Prénomns  Pays Organe de Presse
1. Akoele Lawson Togo Icilome.com
2. Prudence Akondé Benin Label Science
3. Kouao Anoh   Côte d’Ivoire Fraternité Matin
4. Prince Beganssou Côte d’Ivoire Ivoiresoir.net
5. Chiaka Doumbia Mali Le challenger
6. Anani Galley Togo L’alternative
7. Edmond Gomond Côte d’Ivoire Notre Voie
8. Vladimir Goudou Benin Education Tribune
9. Rebecca Kouadio Côte d’Ivoire L’intelligent d’Abidjan
10. Elysée Lath Côte d’Ivoire L’inter
11. Isabelle Somian Côte d’Ivoire Fratmat.info
12. Kadiatou Sow Guinée Newsdeguinée.com
13. Hamsetou Toure Mali Bamakonews.net

Séance d’ouverture

M Gérard Guedegbe a dit ses mots de bienvenue à tous les participants à Abidjan et leur a exposé les résultats attendus de l’atelier, qui sont notamment:

  • Créer une plate-forme d’échange entre journalistes et experts sur les partenariats Afrique-Chine.
  • Aider les journalistes à proposer des projets pertinents susceptibles de recevoir des subventions
  • Donner aux journalistes les outils nécessaires pour leur permettre de produire des articles bien documentés afin de mieux informer le public

Dans ses propos liminaires, Dr Bob Wekesa a souligné que l’atelier a été initié dans le but de renforcer le regard critique des journalistes africains francophones et de les encourager à explorer différentes perspectives sur la Chine en Afrique francophone. Il a présenté aux participants le projet de Reportage sur l’Afrique et la Chine de l’Université de Wits, précisant que, pour que les propositions de reportage reçoivent une subvention, le journaliste doit proposer un projet de reportage qui prévoit une descente sur le terrain  pour mener une enquête approfondie sur le sujet proposé et réveler des nouvelles qui éclairent les citoyens sur les aspects cachés des relations Chine – Afrique.  Dr Wekesa a reconnu que cela peut être une tâche difficile certes pour les journalistes travaillant dans un environnement peu convenable, mais qu’avec les bons outils et les méthodes appropriées, ils peuvent réussir.

Les journalistes doivent sortir des grandes villes, a-t-il poursuivi, pour rechercher des faits qui affectent les communautés rurales et lever un coin de voile sur des aspects peu discutés ou mal compris. Ils devraient identifier les personnes ou les communautés avec lesquelles ils peuvent mener une véritable enquête journalistique afin de montrer les impacts et les perspectives des relations entre l’Afrique et la Chine et de les rendre clairs au public.

Le Dr Cobus van Staden a indiqué que sa contribution à l’atelier consistera à fournir aux journalistes des outils pratiques qu’ils pourront utiliser pour explorer les Relations sino-africaines de différentes manières et de mieux apprécier les choix des gouvernements africains dans leurs partenariats et leurs accords avec la Chine.

Comment participer le projet de reportage Afrique-Chine

Gérard Guedegbe a expliqué aux participants le mode d’octroi des subventions du projet et leur a donné des conseils pratiques pour réussir leurs demandes. Pour demander une subvention, les journalistes doivent rédiger une proposition exposant leur idée et l’envoyer à ACRPapplications@gmail.com. Les propositions doivent contenir les éléments suivants:

  • Une description de l’idée d’enquête, avec justification de l’intérêt public de l’article, et indication du lieu, de la manière dont l’enquête sera menée et de ce qu’elle vise à apporter au débat sur les partenariats Afrique-Chine
  • Un budget des coûts prévus en dollars américains
  • Le CV du journaliste et des exemples d’œuvres publiées/diffusées, ainsi que l’indication du lieu de publication de l’article et (si possible) l’accord signé par le directeur de la publication/éditeur

Le projet préfère les propositions relativement restreintes autour de thèmes spécifiques; les sujets trop communs ou généraux doivent être évités. Les subventions vont généralement de 500 USD à 2,000 USD.

Gérard Guedegbe a ajouté que les candidats devaient évaluer le budget en fonction des besoins de l’enquête uniquement. Les journalistes doivent recueillir des informations factuelles et éviter de se faire manipulés par leurs sources sur le terrain. Ils doivent strictement éviter de payer une source en échange d’informations lors de leurs enquêtes. Au contraire, ils doivent montrer à la source que les informations dont ils ont besoin visent à faires des publications d’intérêt public. En ce qui concerne l’exploitation des données, les journalistes sont tenus de vérifier l’authenticité des documents reçus et d’évaluer leur pertinence. Il a également conseillé aux journalistes de développer leurs compétences en matière de négociation afin de convaincre leur responsable éditorial afin d’obtenir d’eux un appui pour la réussite de leur enquête.

Côte d’Ivoire et Chine

Sylvain N’guessan, analyste politique en Côte d’Ivoire, a discuté avec les participants des partenariats entre la Côte d’Ivoire et la Chine pris comme une étude de cas, en mettant l’accent sur la coopération économique et commerciale ainsi que la coopération diplomatique et militaire. La Chine a de nombreux investissements en cours en Côte d’Ivoire, tels que le barrage hydroélectrique de Soubré financé à 85% par la Chine, un accord de prêt pour l’extension de l’autoroute Grand Bassam et le stade Anyama-Ebimpé prévu pour la Coupe d’Afrique des Nations en 2021.

Les relations diplomatiques évoluent également dans la bonne direction, car la Chine ayant supprimé l’obligation de visa pour les ressortissants ivoiriens titulaires d’un passeport diplomatique. Compte tenu des intérêts économiques croissants entre la Chine et la Côte d’Ivoire, la Chambre de commerce des entreprises chinoises en Côte d’Ivoire (CCEC) a été créée avec pour mission de veiller à ce que la coopération entre la Côte d’Ivoire et la Chine profite aux deux pays. Sylvain N’guessan a également souligné que, même si les relations économiques entre les deux pays semblent aller dans la bonne direction, le gouvernement ivoirien devrait tenir compte du fait que la Chine agit dans les pays africains selon le principe du “soft power”, favorisant une politique de transfert des connaissances agronomiques, technologiques et mécaniques de la Chine vers la Côte d’Ivoire.

Examen des propositions d’enquête

Les participants aux divers ateliers thématiques ont présenté des idées d’enquête au cours de la première journée de l’atelier. Ces sujets ont ensuite été analysés par le groupe d’experts et renvoyées aux participants pour des améliorations. Les journalistes ont chacun présenté leurs enquêtes et ont reçu des suggestions et des conseils d’amélioration de la part des experts.

Les sujets proposés par les journalistes sont les suivants:

  1. Mines clandestines en Côte d’Ivoire
  2. Transferts de technologie entre la Chine et l’Afrique
  3. Tissus contrefaits chinois au Mali
  4. L’impact des accords entre l’Afrique et la Chine sur la production agricole
  5. Sécurité nationale: le cas du projet de télésurveillance à Abidjan mis en œuvre par la Chine
  6. Relations Afrique-Chine sur le coton: le cas des tissus Hitarget
  7. Les entreprises chinoises dans le secteur minier en Côte d’Ivoire en Guinée: Impact sur l’environnement
  8. Lutte contre le chômage: la contribution chinoise en Côte d’Ivoire
  9. Les jeunes de Côte d’Ivoire formés en Chine: la problématique de l’équivalence des diplômes
  10. Les Contrats de financement chinois en Afrique
  11. Les instituts Confucius peuvent-ils fournir une formation utile aux étudiants africains?
  12. L’impact des maisons de prostitution chinoise sur la jeunesse malienne

Voici quelques-uns des commentaires fournis aux journalistes par le groupe d’experts:

Journalistes Sujets Critiques apportées
Hamsetou Toure La contrefaçon chinoise des basins Maliens. Ce sujet devrait être pris sous l’angle des emplois détruits par la commercialisation des basins contrefaits ; existe-t-il une législation qui protège le basin malien comme patrimoine culturelle ? Quels sont les gains ou pertes douanières causés par ces contrefaçons ? Que pensent les populations qui achètent le basin contrefait?
Isabelle Somian La part des entreprises chinoises dans la lutte contre le chômage en Côte d’Ivoire Le sujet est trop vaste. Il faut le restreindre à un secteur d’activités précis.
Alice Lawson Les centres Confucius arrivent-ils à apporter une formation utile aux étudiants africains? Comparer les bourses chinoises aux bourses européennes et chercher à savoir si ces bourses offrent des opportunités d’emploi aux jeunes africains après leurs études.
Chiaka Doumbia L’impact des maisons closes chinoises sur la jeunesse malienne. Les maisons closes chinoises posent peut-être problème au Mali parce que c’est un pays à majorité musulmane. Il faut donc faire ressortir le lien entre une sensibilité des mœurs qui est propre à ce pays et l’existence de ces espaces de plaisir.

Outils multimédia

Au début de la deuxième journée de l’atelier, Dr Cobus van Staden a présenté un exposé sur les outils multimédias nécessaires aux journalistes pour trouver et partager des informations sur les relations Afrique-Chine. Pour lui, ces outils devraient permettre aux journalistes de mieux explorer les partenariats Afrique-Chine et de produire des articles éclairés, mais également de poursuivre d’autres recherches sur les relations Afrique-Chine.

M. Van Staden a évoqué les plates-formes en ligne (réseaux sociaux, sites Web et podcasts, par exemple) qui contiennent une mine d’informations qui seront utiles aux journalistes, ainsi qu’au nombre de personnes qui interagissent sur ces plates-formes. Les journalistes peuvent trouver des informations gratuites sur tous les réseaux sociaux connus et même interagir avec des personnes qui ont déjà écrit sur les partenariats Afrique-Chine.

M. Van Staden a fait savoir aux participants que la meilleure plate-forme d’information sur les relations entre l’Afrique et la Chine est le site Web du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC). Il a conseillé aux journalistes de partager leurs travaux via des podcasts car il s’agit d’un outil multimédia largement utilisé dans le monde anglophone et qui gagne en importance dans le monde entier.

Il a donné les cinq règles importantes pour démarrer un podcast:

  1. Avoir un sujet de discussion
  2. Produire des enregistrements de qualité
  3. Trouver un hôte
  4. Publier régulièrement
  5. Être omniprésent sur les plateformes de diffusion

Et trois astuces pour développer votre réseau multimédia:

  1. Produire en plusieurs formats
  2. Soyez précis en choisissant un seul angle à la fois
  3. évoluer avec l’actualité

Gérard Guedegbe a ajouté que les journalistes devaient considérer les outils multimédias comme un moyen de passer à un stade supérieur de l’information. Ils doivent prendre le temps de développer leur présence en ligne pour créer un réseau dynamique garantissant leur future visibilité.

Evaluation de l’atelier par les participants et mot de la fin

À la fin de l’atelier, chaque participant a eu la possibilité d’évaluer les résultats de l’atelier et de faire des recommandations pour les prochains ateliers. Tous les participants se sont dits satisfaits et enrichis de nombreuses informations et qu’ils développeraient leurs propres recherches en fonction des outils mis à leur disposition pendant la formation multimédia. Beaucoup de participants n’ont jamais mené d’enquêtes approfondies mais cet atelier leur a permis de réaliser à quel point c’est important pour les journalistes de faire de l’enquête. S’ils sont arrivés à cet atelier avec une image essentiellement négative de la Chine et de sa présence en Afrique, la plupart d’entre eux sont partis avec une compréhension plus nuancée de la question.

M. Wekesa a souligné que cet atelier marquait le début d’une longue collaboration et que le contact sera maintenu entre les journalistes et le projet. Il a également déclaré que des travaux de recherche seront initiés sur les investissements chinois dans les médias francophones africains afin d’étudier l’empreinte d’entités telles que StarTimes, Xinhua, le réseau mondial de télévision chinoise (CGTN) et China Radio International (CRI). Gérard Guedegbe a clôturé l’atelier en déclarant que le défi consistait à prouver que les journalistes africains francophones pouvaient participer à de tels projets et apporter une contribution précieuse à leurs productions journalistiques. Il a de nouveau exhorté les journalistes à poursuivre leurs investigations sur les relations entre la Chine et leur pays et à rester en contact avec le réseau du projet de reportage Afrique-Chine, car ce ne serait pas le dernier atelier de formation pour l’Afrique francophone.

 

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REPORT: Francophone Africa & China Journalism Training Workshop, Abidjan, 3-4 October 2018

 In October 2018 the Africa-China Reporting Project convened a French-language training workshop in Abidjan, Côte d’Ivoire, on Francophone Africa & China to provide practical skills development for journalists from the region. For this workshop the Project collaborated with the Network for Education Journalists and Communicators based in Cotonou (RJCE-Benin) and the National Union of Journalists of the Ivory Coast (l’Union de nationale des journalistes de Côte d’Ivoire). The workshop took place at the Hotel La Rose Blanche, Abidjan Cocody, Côte d’ivoire, and was facilitated by:  

  • Gérard Guedegbe, CEO/Chairman, RJCE-Benin
  • Sylvain N’guessan, Political Analyst (Côte d’Ivoire)
  • Dr Bob Wekesa, Coordinator, Mid-career Honours Programme, Wits Journalism; Advisor, Africa-China Reporting Project (South Africa), and
  • Dr Cobus Van Staden, Senior Researcher: China-Africa, South African Institute of International Affairs (SAIIA); Host: China in Africa Podcast (South Africa)

The Africa-China Reporting Project (the Project) has operated since 2009 to improve the quality of media reporting on Africa and China by providing capacity building and facilitation for journalists via reporting grants, workshops and other opportunities. From 2017 the Project commenced with specific reporting grants for French-language reporting focused on Francophone Africa, and the Abidjan Workshop marked a significant step forward for the Project’s work in Francophone Africa.

The workshop provided training for journalists on the following topics:

  • The facts about China’s presence in Francophone Africa
  • In-depth investigations on themes related to China in Francophone Africa
  • The methods to be adopted to succeed in relevant investigations, and
  • The procedures and processes to apply for grants and other opportunities with the Africa-China Reporting Project

13 journalists from five Francophone African countries, Benin, Côte d’Ivoire, Guinea, Mali and Togo, attended the workshop:

Name Country Affiliation
1. Akoele Lawson Togo Icilome.com
2. Prudence Akondé Benin Label Science
3. Kouao Anoh   Côte d’Ivoire Fraternité Matin
4. Prince Beganssou Côte d’Ivoire Ivoiresoir.net
5. Chiaka Doumbia Mali Le challenger
6. Anani Galley Togo L’alternative
7. Edmond Gomond Côte d’Ivoire Notre Voie
8. Vladimir Goudou Benin Education Tribune
9. Rebecca Kouadio Côte d’Ivoire L’intelligent d’Abidjan
10. Elysée Lath Côte d’Ivoire L’inter
11. Isabelle Somian Côte d’Ivoire Fratmat.info
12. Kadiatou Sow Guinée Newsdeguinée.com
13. Hamsetou Toure Mali Bamakonews.net

Opening sessions

Gérard Guedegbe welcomed all participants to Abidjan and discussed the desired outcomes of the workshop that included:

  • To create a platform of exchange between journalists and experts on Africa-China partnerships
  • For the journalists to propose relevant projects that may receive grants from the Project, and
  • For journalists to acquire the necessary tools to enable them to produce well-informed articles and inform the public

In his opening remarks Dr Bob Wekesa emphasized that the workshop was initiated in order to sharpen the critical eye of Francophone African journalists and encourage them to investigate various perspectives on China in Francophone Africa. He gave the participants a full introduction to the Project and its support for journalists, stating that for reporting proposals to be awarded a grant, the journalist must plan to go into the field and do an in-depth investigation. Dr Wekesa acknowledged that this can be a difficult task for journalists, but with the right tools and methods they can succeed.

Journalists have to go beyond the big cities, he continued, and look for facts that affect rural communities, and seek aspects that are not often discussed or well understood. They should identify individuals or communities with whom they can conduct a genuine journalistic investigation in order to show the impacts and prospects of relationships between Africa and China and to make these clear to the public.

Dr Cobus van Staden mentioned that his contribution at the workshop will consist of providing journalists with practical tools which they can use to explore Africa-China relations in different ways, and to better appreciate the choices of African governments in their partnerships and deals with China.

Engaging the Africa-China Reporting Project

Gérard Guedegbe explained to the participants how the Project’s grants are awarded and gave them practical advice to succeed in their applications. To apply for a grant, journalists must write a proposal outlining their idea and send this to ACRPapplications@gmail.com. Proposals should contain the following:

  • Explanation of the idea of the investigation, with justification of the public interest of the article, and indication of where and how the investigation will be conducted and what it aims to bring to the Africa-China debate
  • A budget of expected costs in US dollars
  • The journalist’s CV and samples of published/broadcast work as well as indication of where the article will be published and (if possible) agreement signed by the publishing director/editor

The Project prefers proposals with a relatively narrow scope around specific themes; overly common or general topics should be avoided. Grants typically range from US$500 to US$2,000.

Gérard Guedegbe added that candidates must evaluate the budget according to the needs of the investigation only. Journalists should keep in mind to obtain real information and not be manipulated by their sources in the field. They must strictly avoid paying a source in exchange for information during their investigations. Rather, they must show the source that the information they require is for public interest purposes. Regarding data mining journalists are expected to verify the authenticity of the documents they receive, and to assess their relevance. He also advised journalists to develop negotiating skills in order to convince their various media managers to support the investigation and publish it.

Côte d’Ivoire and China

Côte d’Ivoire political analyst Sylvain N’guessan discussed with the participants the partnerships between Côte d’Ivoire and China as a case study, focusing on economic and trade cooperation as well as diplomatic and military cooperation. China has many ongoing investments in Côte d’Ivoire such as the hydroelectric dam at Soubré that is 85% financed by China, a loan agreement for the extension of the Grand Bassam Highway, and the Anyama-Ebimpé Stadium planned for the African Cup of Nations in 2021.

The diplomatic relationship is also evolving in the right direction as China has removed visa requirements for Ivorian nationals holding diplomatic passports. Given the growing economic interests between China and Côte d’Ivoire, the Chamber of Commerce of Chinese Companies in Côte d’Ivoire (CCEC) was established with the mission to ensure that Côte d’Ivoire-China cooperation benefits both countries. Sylvain N’guessan also pointed out that even if economic relations between the two countries seem to be going in the right direction, the Ivorian government should take into account that China acts in African countries according to the principle of “soft power”, favouring a policy of transferring agronomic, technological and mechanical knowledge from China to Côte d’Ivoire.

Review of investigation proposals

The workshops participants presented draft investigation proposal ideas on day one of the workshop that were then analyzed by the panel of experts and returned to the participants for refinement. The journalists each presented their investigations and received suggestions and advice for improvement from the experts.

Topics proposed by journalists included the following:

  1. Clandestine mining in Côte d’Ivoire
  2. Technology transfers
  3. Chinese counterfeit fabrics in Mali
  4. The impact of agreements between Africa and China in agricultural production
  5. National security: The case of CCTV surveillance project in Abidjan implemented by China
  6. Africa-China relationship on cotton: The case of Hitarget fabrics
  7. Mining contract in Guinea: Environmental impact
  8. Fight against unemployment: The Chinese contribution in Côte d’Ivoire
  9. Young people in Côte d’Ivoire trained in China: The equivalence of diplomas
  10. Chinese funding contracts in Africa
  11. Can Confucius Institutes provide useful training for African students?
  12. The impact of Chinese brothels on Malian youth

The following is some of the feedback provided to the journalists by the panel of experts:

Journalist Story idea Suggestions for improvement
Hamsetou Toure Chinese counterfeit fabrics in Mali This subject should be viewed from the perspective of jobs destroyed by the counterfeit fabrics. Is there legislation that protects Malian fabrics as a cultural heritage? What are the customs gains or losses caused by these counterfeits? What do people think about buying counterfeit fabrics?
Isabelle Somian Fight against unemployment: The Chinese contribution

in Côte d’Ivoire

The subject is too wide in scope, it must be restricted to a specific sector.
Akoele Lawson Can Confucius Institutes provide useful training for African students? Compare Chinese scholarships with European scholarship exchanges and find out whether these scholarships offer job opportunities to young Africans after graduation.
Chiaka Doumbia The impact of Chinese brothels on Malian youth Chinese brothels may be a problem in Mali because it is a predominantly Muslim country, therefore highlight the link between a sensitivity of morals that is unique to this country and the existence of the brothels.

Multimedia tools

A the start of the second day of the workshop Dr Cobus van Staden gave a presentation on the multimedia tools necessary for journalists to find and share information on the Africa-China relationship. He introduced his session by saying that these tools should enable journalists to better explore Africa-China partnerships and produce informed articles, but also to continue other research on Africa-China relations.

Dr Van Staden discussed online platforms (e.g. social networks, websites and podcasts) that contain a wealth of information that will be useful to journalists, as well as to the number of people interacting on these platforms. They can find free information on all known social networks, and can even interact with people who have already written about Africa-China partnerships.

Dr Van Staden told the participants that the best platform for information on Africa-China relations was the website of the Forum on China-Africa Cooperation (FOCAC). He advised journalists to share their work via podcasts because this is a multimedia tool widely used in the English-speaking world and is becoming more prominent globally.

He gave the five important rules for starting a podcast:

  1. Have a subject to talk about
  2. Produce quality recordings
  3. Find a host
  4. Publish regularly
  5. Be ubiquitous on broadcast platforms

And three tips to help expand your multimedia network:

  1. Produce in several formats
  2. Be specific by choosing a single angle at a time
  3. Evolve over time

To this Gérard Guedegbe added that journalists must consider multimedia tools as the transition to a higher stage of information. They must take the time to develop their online presence to create a dynamic network that will ensure future visibility.

Evaluation by participants and closing remarks

By the end of the workshop each participant was given a chance to assess the workshop outcomes and make recommendations for future workshops. All participants said they were satisfied and enriched with a lot of information that they would expand with their own research according to the tools provided to them during the multimedia training. Many of the participants have never carried out in-depth investigations but this workshop allowed them to realise how important this is for journalists. If they arrived at this workshop with a predominantly negative image of China and its presence in Africa, most of them left with a more nuanced understanding of this issue.

Dr Wekesa stressed that this workshop is the beginning of a long collaboration and that contact will be maintained between journalists and the Project. He also stated that there will be ongoing research into Chinese investment in Francophone African media to investigate the footprint of entities such as StarTimes, Xinhua, China Global Television Network (CGTN) and China Radio International (CRI). Gérard Guedegbe closed the workshop by stating that the challenge is to prove that Francophone African journalists can take part in such projects and make valuable contributions with their journalistic productions. He once again urged the journalists to continue investigating Africa-China relations and to stay connected to the network of the Africa-China Reporting Project because this will not be the last training workshop for Francophone Africa.

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